À propos

Le Fonds du Souvenir

La Mission du Fonds du Souvenir est de veiller à ce qu'aucun Vétéran ne soit privé de funérailles et d'une inhumation dans la dignité, ainsi que d'une pierre tombale militaire, dû à un manque de ressources financières au moment du décès. Son mandat principal est d'administrer le Programme de funérailles et d'inhumation d'Anciens Combattants Canada, lequel fournit une aide financière pour les funérailles, l'inhumation et pour l'installation d'une pierre tombale sur les sépultures de Vétérans canadiens et alliés admissibles. Le Programme des sépultures non- marquées voit à l'installation de pierres tombales sur les sépultures militaires non marquées. En mars 2019, l’Initiative pour Vétérans autochtones a été lancée dans un effort de commémorer et de souligner la contribution des plus de 18 000 Vétérans autochtones, dont plusieurs reposent dans des sépultures non-marquées.

Le Fonds du Souvenir possède et gère son propre cimetière militaire, le Champ d'honneur national du Fonds du Souvenir et tient aussi à soutenir des projets commémoratifs qui ont pour but d'honorer la mémoire des anciens combattants canadiens et alliés. Un organisme charitable national, le bureau national du Fonds du Souvenir se trouve à Montréal, en soutien aux comités provinciaux à travers le pays. Le Fonds du Souvenir est soutenu financièrement par Anciens Combattants Canada et aussi par des dons privés.

"Honorer et protéger dans la mort est un juste tribut à celui qui, dans la vie, a défendu l'honneur de sa patrie." Arthur Hair, Fondateur

Un brin d’histoire

Fin décembre 1908. Deux policiers trouvent un homme inconscient dans l’embrasure d’une porte, au centre-ville de Montréal. L’homme est alors amené à l’Hôpital général de Montréal. Aux dires des policiers et du médecin en poste, il est soûl et on le transporte dans une pièce où on le laisse « dormir ». Le chef des préposés, un immigrant britannique du nom d’Arthur Hair, remarque une enveloppe qui dépasse de son manteau. Hair, un vétéran de la guerre d’Afrique du Sud, reconnaît bien cette enveloppe. Elle contient une attestation de libération honorable émise au soldat James Daly, qui a servi pendant 21 ans sous le drapeau britannique. Ce document constitue sa seule possession. Or, loin d’être en état d’ébriété, le soldat Daly souffre de faim et d’hypothermie. Il meurt deux jours plus tard, âgé de 53 ans, sans avoir repris conscience. Son corps n’étant pas réclamé, Arthur Hair sollicite des dons auprès de ses collègues et amis pour lui offrir des funérailles dignes de ses longues années de service. Daly sera enterré au cimetière Notre-Dame-des-Neiges sur le Mont-Royal. Ce triste épisode mènera quelques mois plus tard à la création du Fonds du Souvenir, en avril 1909 à Montréal.

James Daly fut le premier de près de 150 000 vétérans pour qui le Fonds du Souvenir a fourni des services depuis sa création. Depuis lors, notre mission est de veiller à ce qu'aucun vétéran admissible ne soit privé de la dignité d'un service funéraire et d'une sépulture convenable, en raison d’un manque de ressources financières au moment de son décès. Le Fonds du Souvenir placera aussi une pierre tombale sur les sépultures non-marquées afin de rappeler les états de service militaire.

Le Fonds du Souvenir tient à s’assurer qu’aucun autre vétéran ne subira jamais le sort qui attendait le soldat James Daly.

 

Les premiers enterrements

Les premiers enterrements officiels ont eu lieu le 7 mai 1910. Puis vint la Première Guerre mondiale qui causa près de 67 000 pertes de vie, soit plus de 10 % des 650 000 Canadiens qui s’étaient enrôlés. Très vite, les deux lots sur le Mont-Royal furent remplis à pleine capacité. Sous l’énergique présidence du général Sir Arthur Currie, le Fonds du Souvenir décida alors d’ouvrir son propre cimetière militaire. En avril 1929, la filiale du Québec acheta six (6) acres de terrain avoisinant le cimetière Lakeview à Pointe-Claire, à l’ouest de Montréal.

Le Champ d’honneur national du Fonds du Souvenir fut officiellement consacré en septembre 1930. Un journaliste présent à la cérémonie de consécration a noté que c’était sans aucun doute « l’un des plus beaux cimetières de tout l’Empire ».

Le Champ d’honneur national est le seul cimetière canadien entièrement réservé aux militaires et à leurs proches. À ce jour, plus de 22 000 vétérans et leurs proches y sont inhumés. Des militaires hautement décorés ou méconnus, aisés ou sans le sou, y partagent un dernier repos. Ils proviennent de toutes les provinces canadiennes et on y retrouve aussi des ressortissants de 41 pays alliés. En 2000, le Dr Serge M. Durflinger publia l'histoire des 90 premières années du Fonds du Souvenir. Intitulé « Je me souviens » en français et "Lest We Forget" en anglais, l'ouvrage est un compte rendu qui situe avec sensibilité le Fonds du Souvenir dans le contexte du déroulement de l'histoire sociale et militaire canadienne.