LE FONDS DU SOUVENIR
Depuis 100 ans au service des anciens combattants

« Honorer et protéger dans la mort est un juste tribut à celui qui, dans la vie, a défendu l'honneur de sa patrie. » - Arthur Hair
Le Fonds du Souvenir est né en 1909 d’un acte de pure compassion. Depuis 100 ans, cet organisme sans but lucratif et pancanadien veille à ce qu'aucun ancien combattant ne soit privé de la dignité d'un service funéraire convenable et d'une sépulture appropriée à cause d'un manque de ressources financières. Il est soutenu financièrement par Anciens Combattants Canada et par des dons privés.
Un brin d’histoire
Vers la fin de l’année 1908, un vieil homme est amené
par deux policiers à l’Hôpital général
de Montréal, soi-disant soûl selon le médecin
en poste. Le chef des préposés aux soins, un immigrant
britannique du nom d’Arthur Hair, remarque alors un coin d’enveloppe
qui dépasse de la poche du manteau du pauvre homme. Hair,
un ancien combattant de la guerre des Boers en Afrique du Sud, reconnaît
bien cette enveloppe bleue. Elle contient une attestation de bonne
conduite et de libération honorable du 2nd Dragoon Guards
émise au soldat démobilisé James Daly, qui
a servi pendant 21 ans sous le drapeau britannique. Ce document
constitue sa seule possession.
Or, l’ancien combattant Daly n’est pas en état d’ébriété comme l’a certifié le médecin, mais il se meurt de faim et de froid, ce que confirme un deuxième médecin sommé par Hair. James Daly décède deux jours plus tard. Son corps n’étant pas réclamé, il est destiné à la fosse commune ou à un laboratoire de dissection, comme il est d’usage à l’époque.
Outragé par le sort réservé aux combattants de l’Empire britannique, Hair prend les choses en main. Dans un esprit de camaraderie d’un combattant pour un autre, il sollicite des dons auprès de ses collègues et de ses amis pour offrir au vieux soldat inconnu une inhumation digne de ses longues années de service. Après quoi, Arthur Hair remue ciel et terre pour mettre sur pied le "Last Post Imperial Navy and Military Contingency Fund", officiellement créé le 19 avril 1909 à Montréal. Hair dira de cette première rencontre du conseil d’administration que c’était « une petite réunion avec sentiments patriotiques et ferveur, mais sans argent ». Le but avoué de Hair est de faire en sorte que le triste sort réservé à Daly ne se répète plus jamais.
À ses débuts, le "Contingency Fund" n’est soutenu que par des dons privés. En 1921, toutefois, l'organisation obtient une incorporation fédérale sous le nom de “Last Post Fund”, ou Fonds du Souvenir (FDS). À l'aide de subventions fédérales, il œuvre d'un océan à l'autre pour offrir un soutien à l’inhumation de tous les anciens combattants admissibles.
« Le Fonds du Souvenir n’est pas une œuvre de charité, c’est un devoir », a déclaré Hair. Depuis 1909, les membres du FDS reconnaissent que la gratitude à l’endroit des services rendus par un ancien combattant doit se manifester même après son décès. Par conséquent, ils se sont donné pour mission d’inhumer dignement les anciens combattants dans le besoin, de préférence avec leurs compagnons d’armes.
D’hier à aujourd’hui
Le Fonds du Souvenir a profondément évolué
depuis sa création à Montréal en 1909. Il compte
aujourd’hui huit filiales à travers le pays. Depuis
1995, il administre le programme de funérailles, d'inhumation
et de marquage de sépultures au nom d’Anciens Combattants
Canada.
En 100 ans d’histoire, le FDS aura fourni les arrangements funéraires et, lorsque nécessaire, l'inhumation et une pierre tombale pour plus de 145 000 anciens combattants en provenance de ces pays : Canada, Angleterre, Australie, Belgique, France, Pologne, Afrique du Sud, et d’autres pays alliés.
En plus d’administrer le programme de funérailles et d'inhumation d’Anciens Combattants Canada, le FDS soutient d’autres projets qui ont pour but d'honorer les anciens combattants. Il gère notamment son propre cimetière militaire, le Champ d'honneur national à Pointe-Claire au Québec, de même qu’il voit à l’installation de pierres tombales militaires pour les sépultures non marquées à travers tout le Canada.
Le Fonds du Souvenir reconnaît l'importance de rendre hommage à ceux qui ont servi notre pays, de garder vivante leur mémoire et de transmettre aux générations futures l’histoire de leurs réalisations. Aussi, chaque année au mois de juin, le FDS organise des cérémonies commémoratives sur le fleuve Saint-Laurent, puis au Champ d’honneur national (Pointe-Claire), ainsi qu’aux cimetières Notre-Dame-des-Neiges et Mont-Royal à Montréal.
En l’an 2000, l’historien Serge M. Durflinger a raconté
l'histoire des 90 premières années du Fonds du Souvenir.
Intitulé « Je me souviens - L’histoire du Fonds
du Souvenir », son ouvrage situe avec sensibilité le
Fonds du Souvenir dans le contexte du déroulement de l'histoire
sociale et militaire canadienne. On peut se procurer un exemplaire
en consultant le site Internet du Fonds du Souvenir : www.fondsdusouvenir.ca