Le Fonds du Souvenir

LPF History Arthur Hair

La mission du Fonds du Souvenir est de veiller à ce qu'aucun ancien combattant ne soit privé de funérailles et d'une inhumation dans la dignité, ainsi que d'une pierre tombale militaire, à cause d'un manque de ressources financières au moment de son décès. Son mandat principal est d'administrer le Programme de funérailles et d'inhumation d'Anciens Combattants Canada, lequel fournit une aide financière pour les funérailles, l'inhumation et pour l'installation d'une pierre tombale sur les sépultures d'anciens combattants admissibles. En plus du Programme de funérailles et d'inhumation, le Fonds du Souvenir soutient des projets commémoratifs qui ont pour but d'honorer la mémoire des anciens combattants canadiens et alliés. Il possède et gère son propre cimetière militaire, le Champ d'honneur national du Fonds du Souvenir. En outre, il a créé un programme de pierres tombales dont il voit à l'installation sur les sépultures militaires non marquées. Le Fonds du Souvenir est soutenu financièrement par Anciens Combattants Canada et par des dons privés.


"Honorer et protéger dans la mort est un juste tribut à celui qui, dans la vie, a défendu l'honneur de sa patrie." Arthur Hair, Fondateur



Un brin d'histoire


Fin décembre 1908. Deux policiers trouvent un homme inconscient dans l’embrasure d’une porte, au centre-ville de Montréal. L’homme est alors amené à l’Hôpital général de Montréal. Aux dires des policiers et du médecin en poste, il est soûl et on le transporte dans une pièce afin qu’il puisse y cuver son alcool. En visitant le pauvre homme, le chef des préposés, un immigrant britannique du nom d’Arthur Hair, remarque une enveloppe qui dépasse de son manteau. Hair, un vétéran de la guerre d’Afrique du Sud, reconnaît bien cette enveloppe. Elle contient une attestation de libération honorable du 2nd Dragoon Guards émise au soldat James Daly, qui a servi pendant 21 ans sous le drapeau britannique. Ce document constitue sa seule possession.  Or, loin d’être en état d’ébriété, le soldat Daly souffre de faim et d’hypothermie. Il meurt deux jours plus tard, à l’âge de 53 ans, sans avoir repris conscience. Son corps n’étant pas réclamé, il est destiné à la table de dissection pour la recherche médicale, selon la coutume de l’époque. Outré du sort réservé au soldat Daly, Arthur Hair sollicite des dons auprès de ses collègues et de ses amis pour lui offrir des funérailles dignes de ses longues années de service. Daly sera ensuite enterré au cimetière Notre-Dame-des-Neiges sur le Mont-Royal.  Ce triste épisode mènera quelques mois plus tard à la création Fonds du Souvenir, soit en avril 1909 à Montréal. Le soldat James Daly fut le premier de près de 150 000 anciens combattants pour qui le Fonds du Souvenir a fourni des services depuis sa création. Depuis lors, notre mission a été de veiller à ce qu'aucun ancien combattant admissible ne soit privé de la dignité d'un service funéraire et d'une sépulture convenable, à cause d’un manque de ressources financières au moment de son décès. Le Fonds du Souvenir placera aussi une pierre tombale sur la fosse de l’ancien combattant afin de rappeler ses états de service militaire.

"Le Fonds du Souvenir tient à s’assurer qu’aucun autre ancien combattant ne subira jamais le sort qui attendait le soldat James Daly."


Les premiers enterrements

Les premiers enterrements officiels ont eu lieu le 7 mai 1910. Puis vint la Première Guerre mondiale qui accusa près de 67 000 pertes de vie, soit plus de 10 % des 650 000 Canadiens qui s’étaient enrôlés. Très vite, les deux lots sur le Mont-Royal furent remplis à pleine capacité. Sous l’énergique présidence du général Sir Arthur Currie, le Fonds du Souvenir décida alors d’ouvrir son propre cimetière militaire. En avril 1929, la filiale du Québec acheta six (6) acres de terrain avoisinant le cimetière Lakeview à Pointe-Claire, à l’ouest de Montréal. Le Champ d’honneur national du Fonds du Souvenir fut officiellement consacré en septembre 1930 et son inauguration abondamment couverte par les médias montréalais. Un journal a d’ailleurs écrit que c’était sans aucun doute « l’un des plus beaux cimetières de tout l’Empire ». Le Champ d’honneur est le seul cimetière canadien entièrement réservé aux militaires et à leurs proches. À ce jour, plus de 20 000 personnes y sont inhumées. Des militaires hautement décorés ou méconnus, aisés ou sans le sou, y partagent un dernier repos. Ils proviennent de toutes les provinces canadiennes et on y retrouve des ressortissants de 41 pays, dont les États-Unis, la France, la Belgique, l’Italie, la Grande-Bretagne, l’Australie, la Grèce, et ainsi de suite… En 2000, le Dr Serge M. Durflinger publie l'histoire des 90 premières années du Fonds du Souvenir. Intitulé « Je me souviens » en français et "Lest We Forget" en anglais, l'ouvrage est décrit comme étant un compte rendu qui situe avec sensibilité le Fonds duSouvenir dans le contexte du déroulement de l'histoire sociale et militaire canadienne.